21 octobre 2008
1539 : week-end entre parenthèses
A part vendredi
soir quand je suis sorti avec mes collègues, mon week-end n'a pas
existé, par ma faute. Samedi, j'ai eu la malheureuse idée de vouloir
désinstaller un système d'exploitation gratuit que j'avais installé par
curiosité sur mon ordinateur. Une fois ma curiosité satisfaite "Ainsi,
c'était donc ça" je ne l'avais plus utilisé et il prenait une place sur
ordi dont j'ai grand besoin. Après m'être renseigné sur le net sur la
manière de procéder, peu
pratique et très manuelle, je me suis lancé. Tout s'est correctement
déroulé jusqu'à ce que dans un excès de zèle, je décide de supprimer
une partition appelée quelque chose "extended". Bien mal m'en prit car
après redémarrage, ordi a catégoriquement refusé de démarrer. Je n'ai
pas mis longtemps à comprendre que je venais de faire une de ces
conneries dont je suis coutumier dès qu'il s'agit d'ordi, à savoir
supprimer un ou plusieurs fichiers indispensables au bon fonctionnement
de la bête. Dès lors, ne me restait plus qu'à me lancer dans une
opération de grande envergure et à haut risque que redoute toute
personne non masochiste : formater ordi et réinstaller le système
d'exploitation (que j’appellerai « W »).
Première
étape : tenter de sauver les fichiers qui étaient sur la partition de W
et auxquels je tenais. Peu nombreux heureusement car en général je
m’arrange pour tout sauver sur d’autres partitions que celle où se
situe W. Pour cela, je décide d’installer W sur une autre partition
(celle récupérée en désinstallant l’autre système d’exploitation) La
solution n’est pas mauvaise me semble-t-il car théoriquement je ne dois rien perdre. Je m’exécute.
Tout
se passe bien, jusqu’à ce que j’oublie d’installer un antivirus avant
d’aller sur le net. Je choppe directement le virus blaster, celui qui
fait s’éteindre l’ordinateur au bout de trente secondes. Je connais le
truc, je modifie la date de l’ordi (en reculant d’une année par
exemple) pour avoir le temps de virer l’intrus. Manque de bol, je
n’avais pas encore activé W et celui-ci refuse désormais de se lancer.
Après quelques essais, je laisse tomber. Je formate et réinstalle.
Cette
fois, je n’oublie pas d’installer l’antivirus avant de me connecter.
Tout semble bien se passer et je commence la tâche fastidieuse de
réinstaller un à un tous les programmes les plus indispensables. Au
bout d’une heure ou deux, je m’aperçois que l’antivirus, pour une
raison quelconque est désactivé et que rien de ce que je fais n’arrive
à le relancer. Je débranche le câble du net, tente de réinstaller tous
le programme, en pure perte car impossible. Je change d’antivirus,
l’installe. Bien sûr, il me trouve plusieurs virus, dont un
particulièrement virulent qui s’est installé dans tous les programmes «
.exe » de mon ordinateur. Evidemment,
sans fichiers « .exe » W ne fonctionne pas… Résultat, je suis bon pour
un autre formatage et une autre réinstallation de W.
Avant,
j’arrive par je ne sais plus quel moyen à supprimer tous les fichiers «
.exe » de toutes les partitions. Ensuite formatage, réinstallation…
Cette fois, tout se passe bien. Sauf qu’il est dix-huit heures,
dimanche et je suis debout depuis quatre heures trente du matin. Autant
dire que j’ai plus que l’impression d’avoir perdu mon week-end. J’ai
passé sous silence de nombreux problèmes annexes, qui m’ont obligé à me
creuser la tête pour trouver des solutions.
A
l’heure qu’il est, je suis loin d’avoir tout réinstallé, mais j’avoue
une certaine lassitude et je m’octroie une petite pause. J’ai installé
l’absolument indispensable et je m’occuperai du reste petit à petit.
Lundi,
j’étais assez fatigué d’avoir peu dormi et d’avoir passé mon temps
devant ordi. Bien que n’ayant pas eu le temps de préparer quelque
chose, j’étais prêt et la matinée s’est déroulée tranquillement.
J’avais en tête l’idée d’une sieste et ne me suis pas privé en rentrant
chez moi. Cela m’a occupé une bonne partie de l’après-midi, avec un
réveil pâteux. Soirée en pointillé, pas très longue.
Ce
matin, lever difficile, à la sonnerie du réveil, ce qui ne m’était pas
arrivé depuis longtemps (en général, je suis toujours réveillé avant
que celui-ci ne sonne) La journée promet d’être un peu longue mais
comme elle n’est a priori pas stressante du tout, cela devrait aller.
Ce soir, je dois probablement dîner chez mademoiselle E, sauf si je
suis trop fatigué auquel cas, je décommanderai.
18 octobre 2008
1538 : ménage et perte de temps
Comme
tout un chacun un tant soit peu attentif à la propreté de son lieu
d’habitation, je me transforme régulièrement en fée du logis et vaque à
d’aimables occupations comme le passage de l’aspirateur, la vaisselle
et compagnie. C’est ce que j’ai fait hier matin en consacrant au moins
trois heures à ces saines activités. Puis, dans un élan de courage,
insoupçonnable chez moi pourtant, je me suis rendu dans une grande
surface afin de rétablir un niveau honorable de remplissage dans mon
réfrigérateur et mon bar. Pas Carrouf, car je boycotte depuis que je me
suis rendu compte que les prix pratiqués avaient considérablement
augmentés. Vite fait, bâclé, mais suffisant tout de même pour atteindre
l’objectif fixé.
Après
tout ça, je me suis accordé un peu de farniente, en attendant de
retourner – un vendredi, en fin d’après-midi s’il vous plaît – au
boulot, pour une réunion décriée par tous, hormis son instigatrice,
notre proviseure. Il s’agissait de rencontrer les parents pour leur
expliquer les études de leurs rejetons. Je suis tout à fait d’accord
pour dire qu’il est tout à fait légitime qu’ils soient mis au courant
mais de là à convoquer tout le monde, c’est un peu exagéré. Les
professeurs principaux auraient suffi. Ce qui devait arriver arriva,
une pagaille indescriptible d’enseignants parcourant les couloirs à la
recherche de leurs différentes classes, des parents voyant débarquer et
repartir des profs leur expliquant en quelques mots ce qu’ils
attendaient. Soyons réalistes, nous avons tous les mêmes exigences et
je ne crois pas que de se voir rabâcher dix fois le même discours soit
constructif. En ces temps où on demande à tous d’être plus efficaces et
productifs, cette réunion faisait tâche.
Je
m’y suis donc rendu, j’ai accompagné le professeur principal d’une de
mes classes, et l’ai écouté faire son discours devant une assemblée de
quatre parents… dis deux ou trois mots, demandé aux parents s’ils
avaient des questions et devant leur réponse négative, pris congé pour
me rendre dans la salle de mon autre classe. Aucun parent n’était
présent, j’en ai eu fini avec cette réunion. Le temps de traîner un peu
à discuter et j’étais sorti. Une présence maximale d’une demi-heure
pour une réunion qui devait durer une heure trente. J’ai un peu eu
l’impression de perdre mon temps et d’avoir interrompu mon week-end
pour rien. Enfin, j'ai quand même appris que j'avais été élu au C.A. et
que notre liste avait fait un excellent score en raflant près de
quatre-vingt pour cent des sièges. L'autre liste est laminée et j'en
suis ravi car je n'ai jamais vu un syndicat aussi inutile et des
représentantes aussi nulles.
De
retour à l’appartement, j’ai attendu madame S. et mademoiselle E. Elles
sont arrivées un peu plus tard et nous avons pu boire l’apéritif en
pestant contre les réunions inutiles. Puis la discussion a évolué vers
d’autres sujets, même si le boulot est parfois revenu sur le tapis. Je
crois qu’il est impossible de se voir entre collègues et de ne pas
parler travail du tout. Après tout, c’est lui qui a fait que nous nous
connaissons et donc vouloir l’écarter de nos conversations est tout à
fait illusoire. Ce qui est bien avec madame S. et mademoiselle E. c’est
que nous arrivons aussi à parler d’autres choses, comme le sexe,
souvent.
Après
l’apéritif, nous nous sommes rendus, à pied, au centre ville avec
l’idée de tester un restaurant nouvellement installé. C’est un de ces
endroits à l’allure de bistrot, avec très peu de tables, une bonne
ambiance, une nourriture en général assez bonne, conviviale. Nous
n’avions pas réservé et évidemment, l’endroit était bondé. Nous nous
sommes donc rabattu sur un restaurant voisin, du même type mais
existant depuis longtemps, une valeur sure. Miraculeusement il restait
une table et nous avons pu dîner. Conversation animée et agréable,
bonne cuisine quoiqu’un peu frugale quand j’y repense. Vers vingt-trois
heures nous ressortons. Nous rentrons chez moi. Je les invite à boire
un dernier verre – sans arrière-pensée pour une fois – et elles
acceptent. Elles prennent une tisane tandis que je les suis au rhum, et
nous discutons encore. Vers minuit trente, elles prennent congé.
Avant
de me coucher, je crée un profil mytik pour mademoiselle E. qui est
presque décidée à s’y inscrire et m’a demandé mon aide pour rédiger son
annonce. Je prends donc un peu les devants en me disant que si elle
renonce, il n’y aura qu’à effacer le profil. Je bâcle un peu l’annonce
parce que je n’ai pas trop d’idées mais qu’importe, au bout de cinq
minutes, alors que je n’ai pas mis de photo, elle a déjà un mail, deux
flash et deux demandes de tchat. Comme je ne veux pas répondre à sa
place, je me déconnecte du site. Il ne me reste plus qu’à aller me
coucher.
17 octobre 2008
1537 : une ville, le soir
Même si ce n’est
que partie remise, petite déception hier à la lecture de son mail
m’indiquant qu’elle devait décommander notre rencontre de samedi.
J’espère, sans allusion graveleuse aucune, que c’est reculer pour mieux
sauter. En fait si, c’était une allusion graveleuse ; si ma libido a
déserté mon string, elle est toujours bien présente dans mon esprit et
je m’en voudrais de me priver d’une allusion ou d’un jeu de mots quels
qu’ils soient, à partir du moment où ils comportent une touche
potentiellement salace.
Hier, j’ai encore vécu une journée bien
calme. J’ai bien été terrassé mais par une sieste, pas de quoi fouetter
un chat. Comme à chaque fois, le réveil a été laborieux, avec cette
désagréable sensation de ne pas savoir où je suis et surtout quelle
heure. La période entre le moment où j’ouvre les yeux et celle où,
après avoir regardé le radio – réveil, je réalise que non, ce n’est pas
le matin mais l’après-midi est très perturbante, par manque de repères
sans doute. Même la simple action de me réveiller est une épreuve.
Alors que le matin je m’éveille toujours frais comme un chou, en fin
d’après-midi j’ai l’impression de me débattre dans un baril de mélasse,
ou une assiette de poutine. Désagréable, très désagréable.
Evénement
rare, mon bar était vide. Contrairement à mon réfrigérateur qu’il est
vrai je néglige un peu et est souvent déserté par toute trace de
denrées, je mets un point d’honneur à ce que mon bar soit toujours
pourvu et près à parer toute éventualité de visite impromptue ou non.
Hélas, un trop grand nombre de visites impromptues ou non a décimé ce
dernier et je me suis retrouvé Grosjean comme devant pour recevoir
monsieur F.
Il faut dire qu’en fin d’après-midi, début de soirée
peut-être, j’ai eu le grand plaisir de croiser mademoiselle M., C.A.
pour les intimes, sur le net. Cela faisait une éternité et nous avons
pris le temps d’un apéro virtuel (ah, les apéros virtuels… Quel bonheur
!) Qui dit apéro virtuel, dit apéro. J’ai été obligé de sacrifier
presque tout ce qui me restait, c'est-à-dire presque rien, pour honorer
la tradition et trinquer avec Cuisses d’Acier. Le temps d’échanger les
nouvelles et c’était déjà l’heure de se séparer. J’espère qu’il ne
faudra pas attendre aussi longtemps d’ici le prochain apéro.
J’ai quand même réussi à garder une larme de rhum à offrir à mon visiteur du soir pour sauver mon honneur.
Monsieur
F. est arrivé et je lui ai offert la larme de rhum, mon honneur était
sauf. Nous nous sommes décidés à sortir parce que la larme a vite été
éclusée et qu’il fallait bien songer à trouver une autre source
d’abreuvement. Nous nous sommes rendus au centre ville, désert, de
Troudecul qui n’est décidément pas une ville qui bouge, dans un petit
troquet sympathique par son style et son ambiance. Pas tout à fait
déserté mais pas loin, nous nous sommes installés au comptoir pour un
verre de blanc ou deux. Ni lui ni moi n’étions très en forme et avec
l’aide d’une musique lancinante, nous n’allions pas tarder à sombrer
dans l’apathie, aussi avons-nous changé de crèmerie dans l’espoir vain
de nous requinquer un peu. Nous ne sommes pas allés très loin puisque
le bistrot suivant se trouve à quelques encablures à peine du premier
et du coup, l’air nocturne frais et vivifiant d’octobre n’a pas eu le
temps d’accomplir son effet coup de fouet.
Je fréquente parfois
ce nouveau bistrot (pas nouveau dans le sens neuf mais nouveau dans le
sens que nous venons d’y arriver) sans être un pilier de comptoir.
C’est tout juste si j’y vais une fois ou deux par mois. Pourtant, quand
j’ai commandé un ti punch, le serveur a ajouté de lui-même « sans sucre
». Ouais, je bois le ti punch sans sucre. J’ai été un peu surpris qu’il
s’en souvienne et puis je me suis rappelé qu’en général, quand j’y vais
c’est en compagnie de madame S. et mesdemoiselles N. et E. Ca a dû le
marquer ce grigou. Enfin bref, j’ai eu mon ti punch sans sucre, je l’ai
siroté en matant et commentant sans passion avec monsieur F. les rares
fumelles présentes. Il faut vraiment avoir une pèche d’enfer pour
sortir le jeudi à Troudecul et ne pas s’endormir. Las, nous avons
déclaré officielle la fin de la soirée. Sur le chemin, j’ai imposé un
arrêt bouffe parce que je n’avais pas eu le temps de dîner. Ca tombait
bien, nous passions devant un Kebab miraculeusement encore ouvert à
minuit trente, une heure du matin.
Le vendeur, tout en me
préparant, m’a conté le désagrément qu’il y a à bosser avec des
fumeurs, qui prennent tout le temps des pauses pour s’adonner à leur
vice. Je ne lui ai pas dit que j’étais le seul client, qu’il ne fallait
pas être cinquante pour préparer un kebab et surtout que je n’en avais
rien à battre de son problème. Non, je lui ai dit que la clope était
une drogue et que c’était difficile de ne pas fumer. Il m’a répondu que
lui avait bien réussi à arrêter de mâcher du chewing-gum et que
pourtant, il était gros consommateur. Là, il m’a cloué le bec. Que
voulez-vous répondre à ça ? Bref, j’ai attendu mon kebab, l’ai pris,
l’ai payé en me trompant mais le vendeur s’en est aperçu car c’était à
son désavantage, lui ai remis la bonne somme et me suis cassé. Monsieur
F. m’a raccompagné
J’avais demandé de la harissa. Il m’avait
proposé de la douce ou de la maison. Par mesure de précaution, même si
je mange très épicé d’habitude, j’avais demandé de la douce. J’ai eu la
langue explosée pendant au moins une demi-heure. Comme de bien entendu,
la viande était insipide. Néanmoins, le kebab n’était pas mauvais.
Ensuite, je suis allé me coucher.
16 octobre 2008
1536 : matinal un jour, matinal toujours
Après
une matinée sans histoire, un repas à la cantine où nous nous sommes
retrouvés à deux, le mercredi est définitivement un jour spécial,
retour à l’appartement.
Hier,
j’étais content de m’être levé avant l’aube parce que la fatigue
engendrée par un réveil bien matinal laissait entrevoir une sieste
d’avant répétition facile. Trop occupé que j’étais à glander, je n’ai
pas eu le temps de la faire. Entre le travail et mes errances sur la
toile, les heures et les minutes ont trop vite défilé. Non, rien de
rien, je ne regrette rien, l’après-midi a été riche et notamment grâce
à un dialogue par messagerie qui a viré à la conversation téléphonique
et qui se sont conclus par une promesse de rencontre, dont j’avais
envie depuis longtemps déjà. Je vais enfin voir de visu mademoiselle C.
avec qui j’échange des mails depuis maintenant quelques mois, avec il
est vrai de longues périodes de silence mais que je retrouve toujours
avec plaisir.
J’ai dû
raccrocher pour partir en répétition. Comme je suis le gardien des
clés, il n’aurait pas fallu que je sois en retard. Tout le monde
n’était pas là et malgré tout, nous avons bien travaillé. Nous
accouchons toujours les nouveaux morceaux dans la douleur mais là,
c’est plutôt bien passé. Pour le moment car il faudra voir ce que cela
donne quand le groupe sera réuni. L’objectif étant de les jouer le plus
rapidement possible, le mieux étant dès le prochain concert. Notre bar
était vide aussi la répétition a été sobre et l’ambiance presque
studieuse. C’est sûr que de répéter en milieu de semaine aide à ne pas
faire trop d’excès et à rester raisonnable. Non seulement nous avons
respecté notre foie mais en plus nous ne nous sommes pas attardés et
j’ai pu rentrer avant que mon carrosse ne se transforme en citrouille.
Aussitôt
couché, j’ai repris le livre en cours. A une heure du matin, content de
ne pas avoir à me lever avant huit heures, j’éteignais les feux.
Manque
de pot, je me suis réveillé à cinq heures trente, en pleine forme. J’ai
bien essayé de me rendormir, pendant près d’une demi-heure, sans
succès. Rien à faire, je suis du matin. Aussi à six heures me suis-je
levé, content quand même, car disposant de plein de temps pour écrire.
Au
programme du jour, mes dernières heures de cours, jusqu’à midi et
ensuite après-midi libre de toute obligation. Ce soir, monsieur F.
vient me rendre visite pour me débaucher. En fait, je crois qu’il a
bien envie de faire la fête et je crains que la soirée ne s’étire tard
dans la nuit et que toute idée de respect envers notre foie soit de
l’histoire ancienne.
Demain
soir, après la corvée annuelle que constitue la réunion parents –
professeurs, je dois sortir avec madame S., mesdemoiselles E. et N. et
peut-être d’autres au restaurant pour finir la soirée je ne sais où,
peut-être les amener danser. Le programme n’est pas encore bien défini.
Samedi, comme je l’écrivais plus haut, je dois rencontrer mademoiselle C.
Dimanche,
je me reposerai sûrement, histoire d’attaquer la dernière semaine avant
les vacances en de bonnes conditions. Heureusement, je crois qu’aucune
réunion n’est prévue.
15 octobre 2008
1535 : les quinze derniers jours
D’habitude,
quand arrivent les quinze derniers jours d’un demi-trimestre, la
semaine de travail devient difficile, durement ressentie de part et
d’autres. Cette fois, j’ai l’impression qu’il n’y a que moi de fatigué
car il ne m’a pas semblé que mes élèves n’étaient pas en forme. Pas de
tension dans l’air, pas de frictions, le calme plat, et du coup je n’ai
que ma fatigue à traîner comme un boulet. Tout ça pour dire que la
journée d’hier m’a paru un peu longue, je le sais pour avoir
fréquemment consulté l’horloge murale, désespérant de ses aiguilles qui
ne tournaient pas assez vite à mon goût. Paradoxalement, j’ai été pas
mal occupé toute la journée, me tapant partout le matin à tenter de
répondre aux multiples demandes simultanées d’élèves ne comprenant pas
que la nature m’avait lésé dès ma naissance ; je ne possède pas le don
d’ubiquité. Quant à l’après-midi, même si j’ai eu affaire à une classe
beaucoup plus autonome, je n’ai pas réussi à beaucoup avancer dans
diverses commandes, heureusement pas trop urgentes.
En
fin de journée, j’étais lessivé et donc passablement heureux que
mademoiselle E. repousse la soirée prévue à vendredi. J’ai pu rentrer
chez moi et m’avachir devant Ordi. Depuis que mademoiselle F. m’a
appris que certaines chaînes retransmettaient sur internet leurs
émissions, je suis un adepte de ce mode de visionnage qui permet de ne
plus être tributaire d’horaires qui souvent ne me convenaient pas.
C’est ainsi que j’aie pu découvrir une série, « les Bougons » qui m’a
bien plu. J’ai donc regardé les deux épisodes disponibles et la soirée
a été pliée. Direction mon lit. A défaut d’avoir une femme pour le
partager, j’ai pris « Women » entre les mains pour lire quelques pages.
J’aime beaucoup la personnalité et la manière de vivre du personnage et
donc de Bukowski,
puisque le roman est autobiographique. Grâce à sa plume, il arrive à
rendre noble l’alcoolisme, les cuites incessantes et la gerbe au petit
matin. J’ai beau apprécier la lecture, je ne tiens pas longtemps avant
de sombrer.
Levé à
quatre heures trente, je me suis dit « chouette, je vais avoir le temps
d’écrire ». Oui, moi je dis encore « chouette ». Le mot est un peu
désuet sans doute mais c’est celui qui m’est venu à l’esprit et je n’ai
pas cherché à le remplacer ici par un mot plus à la mode. En fait
j’aurais bien aimé mais je n’en ai pas trouvé. Non seulement, j’ai le
temps d’écrire ce matin mais en plus, puisque je suis debout très tôt,
je serai suffisamment fatigué cet après-midi pour envisager une sieste
qui me permettra d’être en forme ce soir pour la répétition.
Dans
un autre registre, je me suis aperçu hier que lors de la soirée de
vendredi, j’avais croisé sans la reconnaître une femme avec laquelle
j’avais eu une aventure d’un soir il y a environ deux ans. Je n’ai
certes pas la mémoire des visages mais quand même, j’aurais cru que
j’aurais été capable de la reconnaître. Même si notre rencontre s’était
décidée sur un coup de tête, après une heure au plus de dialogue
virtuel, même si nous n’avions pas passé plus de temps à discuter en
face à face, le fait que nous ayons forniqué me laissait à penser que
je me souviendrai d’elle. Eh bien pas du tout. Elle faisait partie de
l’organisation, j’ai bien dû la croiser cent fois au cours de la
soirée, pas un instant je ne me suis imaginé que je la connaissais déjà
et intimement en plus. Je n’ai découvert qu’elle était présente que
grâce à une intervention dans un forum qui relatait l’évènement où son
pseudo – dont je me souvenais – apparaissait. J’espère qu’elle ne
m’aura pas reconnu elle non plus, sinon j’ai dû passer pour un butor,
pour l’avoir ignorée. D’accord, c’est bien ce que je suis puisque je ne
me souvenais pas d’elle, mais du moins était-ce involontaire. Hum, je
ne sais pas si l’excuse est bien valable.
14 octobre 2008
1534 : en speed
Je dispose
d'environ dix minutes pour écrire et ensuite je devrais me préparer
avant d'aller bosser. Pourtant, je me suis levé avant six heures,
histoire d'avoir du temps pour moi, mais comme d'habitude le temps a
filé plus vite que je ne le voudrais. Entre le petit déjeuner et la
consultation de mes mails, les réponses à rédiger et envoyer, les sites
à consulter d'urgence (livreduvisage.com) et la messe est dite. Le
virtuel est chronophage.
J’ai
passé le cap du lundi sans encombre entre matinée studieuse et
après-midi de dilettante. Après être resté très concentré tout le début
de l’année, je crois bien que j’ai commencé à inverser la vapeur pour
me préparer activement à entrer dans les vacances, prévues dans quinze
jours. Le but est d’y arriver en ayant éliminé un maximum de stress
pour bien en profiter. Cette fois, la tâche ne sera pas très ardue car
je n’ai pas eu matière à beaucoup de stress. La vie est un long fleuve
tranquille.
En
début de soirée, mademoiselle F. est passée en coup de vent chez moi
pour récupérer les cigarettes qu’elle m’avait chargé de lui acheter,
étant incapable de le faire puisque délestée de sa carte bleue et de
liquide. Le temps de boire un verre d’eau, de me rendre la clé de mon
appartement qu’elle avait gardé depuis la dernière fois qu’elle avait
dormi à la casbah et elle était déjà repartie. Je suis donc allé me
coucher et m’endormir devant une série télé agréable et pas prise de
tête.
13 octobre 2008
1533 : ne faites pas la gueule
Comme
à chaque fois que j'ai un week-end un peu chargé, le retour à la
réalité de la semaine, le boulot, est pénible et ma motivation au ras
des pâquerettes. Et pourtant, je dois y aller et je vais y aller, avec
le sourire aux lèvres en répondant à tous ceux qui me demanderont
"comment ça va ?" en espérant une réponse du type "comme un lundi" que
je vais idéalement bien et que je suis enchanté d'être enfin de retour
au travail, parce que j'en ai marre de tous ces gens qui font la gueule
le lundi, sous prétexte que le week-end est fini. Evidemment que moi
aussi je fais la gueule parce que le week-end est fini mais ce n'est
pas une raison suffisante pour que j'en fasse profiter les autres. Ma
mauvaise humeur, je me la garde.
De
toute manière, grâce à mon emploi du temps presque idéal, la semaine
passera très vite. A partir du mardi soir, je me sens déjà presque en
week-end puisque j'aurai passé le plus gros et qu'il ne me restera plus
que quelques heureus en compagnie d'une classe à peu près autonome.
Ensuite, j'ai pas mal de sorties prévues cette semaine, entre un dîner
chez mademoiselle E. mardi, une répétition mercredi et une soirée avec
mademoiselle F. projetée pour jeudi. Encore heureux qu'il me reste ce
soir pour me reposer.
12 octobre 2008
1532 : les strings me rendent plus fort
A la
suite d'un puissant raisonnement, j'ai conclu que les strings me
rendaient plus fort. Une conclusion qui pourrait surprendre mais en
fait non ; elle est tout à fait logique. Je m'explique.
Vous
admettrez facilement que porter un string rend la plupart des hommes -
moi y compris - totalement ridicules en sous-vêtements.
Or, le ridicule ne tue pas, c'est bien connu.
Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. Ca aussi c'est connu.
Donc les strings me rendent plus forts. CQFD
Ou
plus exactement, les strings me rendraient plus forts si j'en portais.
J'ai osé une fois, avec un string acheté spécialement pour tester si
oui ou non, son port était aussi inconfortable que le dis nombre de
femmes. Je suis au regret de leur dire que je ne suis pas d'accord avec
elles, que le string sait se faire oublier, à condition, pour un mec,
de convenablement positionner l'engin. Une fois que la mise en place
correcte est effectuée, tout va bien.
Depuis,
je n'ai pas retenté l'expérience, non pour une raison de confort mais à
cause de ce ridicule que même s'il rend plus fort je ne suis pas décidé
à braver. Tant pis pour moi, je resterai faible.
Dimanche après-midi, alors que j'aurais bien autre chose à faire que raconter des inepties.
11 octobre 2008
1531 : je n'ai plus 20 ans
La soirée concert à
laquelle j’ai participé vendredi était organisée par une association de
jeunes aussi le public était à l’image des membres de l’association,
jeune. Une vingtaine d’années de moyenne d’âge. Je n’avais encore
jamais ressenti cette impression d’être le vieux tromblon au milieu des
jeunes pousses et je dois avouer que cela fait un peu bizarre. Tout à
coup, je me suis dit que le temps passais plus vite que je ne le
croyais et qu’il y a vingt ans, déjà, c’est moi qui étais à leur place
de jeunes alcooliques en goguette. Parce que oui, les jeunes boivent,
beaucoup et ne tiennent pas particulièrement l’alcool.
Cela dit,
la place de vieux parmi les jeunes n’est pas désagréable. A partir du
moment où le vieux n’essaie pas de faire plus jeune que les jeunes.
S’il reste à sa place d’ancien, s’il évite d’être condescendant alors
que la condescendance le brûle de tout son être, s’il fait semblant de
découvrir des pratiques qu’il connaît depuis des lustres, alors tout se
passe bien. Je ne dirai pas que je me suis fait une nouvelle bande de
potes, je n’en avais de toute façon pas envie, mais au moins ne
m’a-t-on pas regardé comme un extra-terrestre toute la soirée. Et puis
je n’étais pas le seul vieux, il y avait tout notre groupe ou presque
(nous avons un quota de jeunes) quelques amis ayant pris leur courage à
deux mains pour braver la jeunitude et aussi les membres de
l’association hôte dont je connaissais très bien les membre.
Passons sur ces considérations temporelles. La
soirée était très bien organisée, le public nombreux et réceptif. Nous
entamions les hostilités, ce qui est toujours un handicap puisque comme
toujours, le public n’arrivant que petit à petit, nous commençons
devant une salle plus qu’à moitié vide. Heureusement, elle s’est vite
remplie et nous n’avons pas eu à faire tout un concert pour le mur.
Nous n’avons pas délivré une performance mémorable mais enfin, le
public a eu l’air plutôt content donc tout va bien.
Ensuite,
la soirée s’est déroulée en partie dans les loges, à picoler et
discuter, devant la scène pour voir les autres groupes, à la cuisine
pour nous restaurer, picoler et discuter. Jusqu’à près de trois heures
du matin où il a bien fallu remballer le matériel et nous en retourner
le déposer. Comme nous n’avions pas grand-chose à transporter du fait
que la salle était sonorisée, cela a été vite expédié. Et enfin, retour
à l’appartement, lesté de deux potes venus de loin pour nous faire la
surprise de leur présence. Encore quelques verres et à quatre heures
trente, extinction des feux.
A
neuf heures, samedi, j’émerge avec peine et me lève dans la foulée. Je
glande jusqu’au réveil de mes invités vers onze heures. Nous nous
installons pour un café et attendons mademoiselle S. qui m’avait
téléphoné pour me demander si nous voulions quelques viennoiseries.
Elle arrive une grosse heure plus tard, alors que nous en sommes à
notre quatrième ou cinquième café, que nous commençons à allonger de
rhum ou de whisky. Mademoiselle S. et ses croissants sont donc
particulièrement les bienvenus et nous leur faisons honneur (aux
croissants car non, nous n’avons pas honoré mademoiselle S.) Puis
messieurs M. et C. prennent congé car ils ont de la route à faire, puis
mademoiselle S. et je me retrouve seul. Ereinté, je ne fais rien de ma
journée sinon glander et jouer à un jeu très prenant sur
livreduvisage.com. J’échange quelques mails avec une myticienne sur
laquelle je fonde de grands espoirs pour me sortir de la période
d’abstinence actuelle.
Il n’est pas minuit quand je jette l’éponge et vais me coucher. Je tente de lire mais rien n’y fait, je m’endors.
10 octobre 2008
1530 : ils marchent sur la tête ou quoi ?
J’ai bien cru que le conseil d’administration n’en finirait pas. Je ne connais pas trop les règles qui le régit mais je pense que nous avons bien dû en transgresser une ou deux. Tout d’abord, il a pris du retard. A dix-huit heures, heure supposée du début de séance, le quorum n’était pas atteint, il a fallu téléphoner en urgence à quelques personnes pour qu’ils rappliquent dare-dare, afin qui nous puissions commencer. Une demi-heure plus tard, nous avons enfin pu décoller. Pas grand-chose à en retenir, sinon que les représentants de l’autre liste ne jouent pas le jeu, ils se représentent eux et eux seuls. Et que je t’aborde des sujets qui n’ont rien à voir avec le C.A. et que je papote… De quoi m’agacer et surtout de faire perdre du temps au point d’aborder certains sujets qui concernaient tout le monde cette fois, au lance-pierre pour ne pas trop déborder. Je crois bien que nous avons dépassé la durée légale de la séance de plus d’une demi-heure… Pas très sérieux tout ça. Comme la plupart du temps, les élus régionaux brillaient par leur absence, ce qui est toujours ennuyeux puisque de plus en plus, nous dépendons de la région.
Ce que je retiens de ce conseil, c’est que le système éducatif devient un grand n’importe quoi, avec toujours plus d’exigence pour les profs et les établissements et de moins en moins pour les élèves. Je pense à cette expression « la montagne qui accouche d’une souris » et me dis que c’est exactement vers ce quoi nous allons. Je note une méconnaissance à peu près totale de la réalité du terrain de la part de ceux qui décident et ça devient préoccupant. Je ne sais pas exactement d’où vient le mal mais je sais que ce qui a fait beaucoup de mal, c’est cette lumineuse idée de J. Lang d’avoir quatre vingt pour cent d’une classe d’âge avec le bac. C’était une belle connerie et c’est toujours une belle connerie car cela mène automatiquement à niveler vers le bas. Nous aurons beau appeler bac un diplôme ce n’est pas pour autant que les élèves qui suivront la formation se découvriront tout à coup le potentiel pour le décrocher. A moins de baisser le niveau ou, pour être plus politiquement correct « adapter nos exigences ». Et c’est bien ce qui se passe et ce depuis des années. Nous en sommes arrivés à un point où la hiérarchie nous demande d’obtenir des résultats conformes à une courbe de Gauss. Nous en avons tout le loisir puisque de plus en plus, nous sommes à la fois juge et partie : nous organisons les examens, à faire passer quand nous jugeons que l’élève est prêt, et nous notons nos propres élèves. Je ne sais pas mais il me semble que le système marche un peu sur la tête.
Mais
je digresse… Bref, après cette longue mais néanmoins intéressante
séance de conseil, j’étais de retour chez moi à vingt et une heures
trente, lessivé. Plus envie de faire grand-chose, sinon traîner un peu
sur le net, sur mon nouveau site préféré livreduvisage.com. Quelques
clics sur mytik mais décidemment, cela ne doit pas être la bonne
période puisqu’une fois encore, je fais chou blanc. Dégoûté, je vais me
coucher pour commencer « Women » de Bukowsky. Prenant. L’influence de
John Fante me semble évidente mais je me trompe peut-être.
Puisque je ne me suis pas couché trop tard, je me suis levé tôt. J’ai pas mal de choses à faire aujourd’hui avant le concert de ce soir. Et notamment téléphoner à l’agence pour le loyer puisque je n’ai pas encore reçu la facture alors que la date butoir de paiement est le dix.
