JAM

Journal A Moi



11 août 2008

1520 : rien

Il faudrait que je passe voir mon assureur pour déclarer les dégâts occasionnés sur ma voiture tout neuve par la tempête de la semaine dernière. Je ne l'ai pas remarqué tout de suite mais le capot a été bosselé par l'impact des grêlons. Je déteste toujours autant les démarches administratives et celle-ci ne m’enchante pas plus que les autres. Toujours est-il qu’il serait dommage de ne rien faire, même si personnellement, je me fiche un peu de savoir que le capot de ma voiture est bosselé ou non : cela ne l’empêche de rouler.

Le vendredi soir, c’est répétition. Par les temps qui courent (vacances) les rangs du groupe sont décimés et en fait de répétition, nous restons plutôt chez moi, à discuter en buvant quelques verres. C’est donc ce que nous avons fait vendredi en nous promettant de remettre au lendemain ce que nous ne faisions pas ce soir là, avec la promesse d’un membre supplémentaire.

Samedi, seconde répétition de la semaine.  Comme souvent, nous nous retrouvons chez moi pour prendre l’apéritif avant d’aller jouer. L’apéritif s’est poursuivi jusqu’à environ cinq heures du matin, heure à laquelle nous avons décidé qu’il était décidément trop tard pour aller répéter. Pas très sérieux tout ça mais nous nous sommes bien amusés.

Dimanche, après quelques trop rares heures de sommeil, j’ai décidé de reprendre le train-train quotidien, c’est-à-dire ne rien faire et ma foi, j’ai pas mal réussi. J’ai visionné les premiers épisodes de la quatrième saison de Weeds – j’avais appris par hasard qu’il y avait une quatrième saison alors que je pensais qu’elle s’était achevée avec la troisième –. Je trouve cette quatrième saison toujours aussi bien. Quant à l’héroïne de la série, je n’aurai qu’un mot à dire : miam !

J’ai écrit à mon retour que j’avais décidé de renoncer à faire des rencontres. Je tiens bon, même si je dois avouer que je fréquente toujours mytik, par curiosité ou par addiction. En admettant que je croise une femme qui me plaise, je me demande dans quelle mesure serai-je assez fort pour ne pas être tenté de lui proposer une rencontre. Il suffirait que je sois dans un état de libido up et je risque bien de ne plus me rappeler mes bonnes résolutions. Heureusement, j’ai enfin réussi à arrêter le renouvellement de mon abonnement et devrais bientôt ne plus avoir accès à rien, ce qui sera beaucoup plus facile pour résister.

 

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08 août 2008

1519 : du fantasme ou une invention à l'usage des hommes

Je n'ai pas trop d'inspiration ce matin et plutôt que de rien écrire, j'ai décidé de reproduire un texte légèrement remanié écrit naguère, ailleurs.

Jusqu'à il y a peu, c'est-à-dire jusqu'à ce que je m'inscrive sur un certain site et que je prenne connaissance de témoignages irréfutables, je croyais, j'avais fini par croire, que le fantasme était une invention à l'usage exclusif des hommes.

Ma pauvre et courte expérience des femmes, m'avait convaincu qu'elles n'en avaient pas. A la question "quels sont tes fantasmes ?" elles me répondaient la plupart du temps "je n'en ai pas". Au mieux, elles me citaient un fantasme qu'elles avaient pu lire la semaine précédente dans la presse féminine, tant le fantasme énoncé était banal et anodin. Avant de croire qu'en fait le fantasme n'était pas dans la nature des femmes, j'avais tout d'abord cru à de la timidité, de la gêne à exprimer quelque chose d'aussi personnel. Puis, je m'étais ravisé et avait conclu que non, elles n'étaient ni timide ni gênées mais plutôt dubitatives et sans réponses. Elles n'y avaient jamais songé, elles ne s'étaient pas posées la question, elles s'en fichaient.

Je sais désormais que ce n'est pas le cas et c'est tant mieux. Je dois donc à nouveau changer d'avis et admettre qu'elles étaient bien gênées de m'en parler, vraisemblablement pas assez en confiance. Pour ma part, je suis toujours en confiance car j’estime que la méfiance est une perte de temps. C’est vrai, ce n’est peut-être pas très prudent.

J'ai réfléchi à ce que représentaient les fantasmes, en partant du principe, peut-être erroné, que n'importe quel fantasme comporte une part de transgression. De ce principe, je tire une règle : à la base, nos limites en matière de sexualité sont fixées par notre éducation et uniquement elle. Elle définit le cadre dans lequel nous pourrons vivre notre sexualité, ce que nous serons autorisés à faire et ce qui nous sera interdit.

Le fantasme est un outil qui nous est offert pour bousculer cette règle. C'est un outil qui, de spectateurs de notre vie sexuelle, nous propulse acteurs. Grâce à lui, c'est à nous qu'il conviendra de fixer un nouveau cadre et de nouvelles règles. Nous serons uniques responsables de nos limites.

Cela explique également pourquoi il est naturel d'éprouver une certaine gêne, voire une certaine honte vis à vis de nos fantasmes, puisqu’ils sont intimement liés aux tabous nés de notre éducation.

Finalement, j'en arrive à la conclusion que le fantasme est l'incarnation de notre apprentissage de la liberté sexuelle. Et puisque nous sommes nos seuls juges, que nous fixons nous-mêmes ceux que nous pouvons réaliser et ceux qui doivent rester fantasmes, il nous appartient de faire preuve de discernement et de ne pas faire n'importe quoi. Tout fantasme n'est pas bon à réaliser.

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07 août 2008

1518 : misanthropie

Le mois d'août est là qui ressemble vraiment à un mois d'août, c'est-à-dire qu'il donne l'impression que le monde est vide. Hors les lieux de villégiature, les êtres humains se font rares et j'apprécie. Les années qui passent cultivent ma misanthropie qui s’affirme de plus en plus. De plus en plus, j’apprécie la solitude et je supporte de plus en plus difficilement les êtres humains. Je sais bien que – sauf preuve du contraire –  je fais partie de la race humaine mais celle-ci me déçoit souvent (je me doute que je ne suis pas le seul qu’elle déçoit) et le découragement me prend de la voir changer un jour.

Je sais, c’est fort prétentieux de ma part et je renvoie sans doute l’image de quelqu’un qui se place au dessus du lot commun mais c’est totalement faux. Ce qui est vrai par contre, c’est que je ne suis qu’indulgence avec moi-même tandis qu’avec les autres je n’ai aucune patience. Non seulement je me supporte très bien mais en plus je m’aime, d’un amour qui grandit jour après jour, immense, infini presque. Du coup, il n’y a pas vraiment de place pour les autres, tous les autres.

J’ai parfois quelques sursauts de compassion, que je m’empresse de refreiner en me tançant gentiment pour ma trop grande bonté. Je voudrais m’endurcir assez pour ne plus avoir qu’un cœur de pierre pour tous, à l’exclusion de moi-même. C’est à cette condition seulement que j’arriverai à la misanthropie parfaite. Même si je note quelques progrès, dont je suis très fier, je mesure encore la distance à parcourir en espérant que ma volonté tiendra bon.

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06 août 2008

1517 : retour ?

Je préfère ponctuer le titre par un point d'interrogation plutôt que par un simple point, qui signifierait que je suis résolu à reprendre du service auprès de mon journal que j'ai lâchement abandonné il y a quelques mois déjà. Effectivement, je ne suis pas certain du tout de ne pas simplement être de passage, un petit tour et puis s'en va. Dans ces conditions, mieux vaut laisser planer le doute.

Ma vie est toujours aussi transparente et j’ai eu l’impression jusqu’à maintenant de ne pas changer d’un pouce, sinon physiquement car nul n’échappe aux outrages du temps qui passe. Aussi surprenant que cela puisse paraître, même pas moi. Oui je sais, c’est incroyable. Mes cheveux tombent, mes chairs s’affaissent, etc. Vous connaissez le topo, inutile d’insister.

Depuis quelques temps, je m’interroge sur la pertinence de mon choix de vie. Non que je remette en cause mon célibat, auquel je suis toujours très attaché et que je ne suis vraiment pas prêt à renoncer, du moins dans un avenir proche, même si j’estime que la donne a changé. Je voulais plutôt parler des quelques liaisons, toujours éphémères, que j’aie pu avoir depuis que j’ai choisi ce mode de vie. Le nombre n’est pas extraordinaire – une quinzaine ces trois dernières années tout de même – mais elles ont toutes un point commun : je n’ai jamais eu envie de poursuivre ou d’aller plus loin. Au mieux ai-je pu nourrir un moment, assez court au demeurant, qu’une liaison pourrait avoir de l’intérêt à durer avant de déchanter. Le bilan est maigre, très maigre. Pas d’envie, pas le moindre déclic, pas la moindre émotion.

Je ne me plains pas car cette situation m’a parfaitement convenu. J’ai été content de rencontrer et connaître ces femmes. Plaisir éphémère mais réel. Sauf que là, j’arrive à saturation. Si le jeu de la séduction continue à me prendre de temps en temps, cela arrive de moins en moins souvent et la satisfaction de concrétiser ne me procure plus guère de sensations. Une certaine routine s’est installée et je vais finir par bailler d’ennui avant même qu’il ne se passe quelque chose.

Autant dire qu’il est nécessaire et salutaire pour moi de changer. Viser autre chose afin de retrouver l’envie. Sans pour l’instant aller jusqu’à renoncer au célibat, je caresse l’idée d’une liaison suivie et exclusive. Avec un problème de taille, qui ne m’est pas personnel car inhérent à chacun : trouver celle qui me conviendra et à qui je conviendrai. Dieu sait combien je suis exigeant avec mes critères, banals mais nombreux et sur lesquels je ne veux pas transiger. Je veux, comme le dit l’expression, le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.

 

Posté par Numa à 08:43 - C'est arrivé un jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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