30 avril 2009
Un peu d'espoir dans un monde sans pitié
Contrairement à ce que pourrait croire l'état d'abandon de ce blog non, je n'ai pas arrêté d'écrire. J'ai simplement changé de crèmerie. La nouvelle est beaucoup plus discrète et intime. Voici l'entrée d'hier :
Ma remise en forme et en
conformité est en cours et son déroulement est parfait. Ma tête a enfin
compris qu’elle devait laisser se reposer non seulement elle mais aussi
mon corps, moi quoi, aussi ma dernière nuit a été d’une divine non
interruption de huit heures. Je regrette simplement de devoir me
réveiller avec l’impression d’être plus fatigué que la veille.
Si
d’aucun l’ignorait, je fais pousser un pied, de tomate depuis plus de
trois ans. La première année, il m’avait donné une tomate, superbe mais
dure comme, de la pierre, et sans goût. Les deux années qui ont suivi,
il a été totalement improductif, ne me récompensant des soins
prodigués, aux moins deux arrosages par semaine, que par quelques rares
fleurs qui ont fini par s’étioler sans avoir donné de fruits, ventres
stériles qu’elles étaient les garces.
Je veux bien admette
qu’en trois ans, je n’ai pas changé le pied de pot ni apporté
d’engrais, je l’ai enfumé, boucané presque, à coup de trop nombreuses
cigarettes fumées quand bien même ses petites feuilles s’agitaient en
me criant grâce mais tout de même, à quoi sert un pied de tomate s’il
ne donne pas de tomates ? Bref, ce n’était que par pure bonté d’âme que
je continuais à m’en occuper et aussi par curiosité, me demandant
combien d’années encore pourra-t-il tenir dans d’aussi strictes
conditions, jusqu’au jour, c’était avant-hier, où je me suis aperçu que
le gredin m’avait pondu une paire de, tomates en douce. Je ne m’y
attendais tellement pas, c’était comme une lueur dans un trou sans fond
ou un verre d’eau dans le désert, c’était inespéré. J’en suis encore
tout ému. Et je voudrai dédicacer cette touche d’espoir au monde sans
pitié dans lequel nous vivons (c’est beau, non ?)
Attention aux
fesses du bouc car à trop s’y frotter, il est possible de développer
une certaine aliénation. Pour ma part, je sais que j’ai tendance à y
passer un peu trop de temps, bien plus qu’il n’est nécessaire en
réalité, au vu de ce qu’elles apportent. J’ai contracté la maladie du
test, qui m’oblige à répondre à tous les quizz, souvent nuls, qui
passent à portée de mon écran. Hier, j’ai réponde à quelques tests mais
surtout, j’ai joué à un jeu, photo hunter, qui m’a pris des
heures et que je n’ai pas réussi à terminer, laissant présager de
nombreux autres heures perdues. Et pourtant, ce jeu n’est rien d’autre
que le jeu des cinq erreurs. Deux photos et il faut trouver le plus
rapidement possible les erreurs. Le jeu est chronométré et plus les
photos s’enchaînent et plus le temps pour trouver les erreurs
diminuent. Dire que j’ai passé des heures à y jouer… Je me sens parfois
couillon.
Les fesses du bouc ont un meilleur côté, celui de
retrouver les personnes que nous avons connues puis perdues de vue.
D’accord, ce n’est pas toujours heureux et il m’est arrivé de me
demander pourquoi j’avais fait la connerie de renouer des liens avec
certaines personnes mais comme à la base c’est virtuel, ce n’est pas
trop dérangeant. Il y a d’autres fois où de retrouver une personne
découle une certaine curiosité, envie de savoir ce qu’elle est devenue,
quel a été son parcours, etc.
Par exemple, et c’est là où je
voulais en venir mais comme j’ai un peu tendance à faire des
digressions je m’étais un peu perdu, j’ai retrouvé une ancienne
camarade de classe d’école primaire et de collège dont je n’avais pas
eu de nouvelles depuis au bas mot vingt-cinq ans si ce n’est plus. Si
ma mémoire est en général digne de celle du poisson rouge dans son
aquarium, il se trouve que je me rappelle parfaitement de mes
congénères d’école primaire et donc, je me rappelais parfaitement
d’elle, ce qui me paraît indispensable pour trouver quelque intérêt à
renouer des liens. Si je ne m’étais pas souvenu d’elle, cela n’aurait
rien été d’autre qu’une rencontre et ça aurait fait quoi ? Allez, nous
aurions peut être couché ensemble mais c’est tout. Tandis que là, nous
allons pouvoir discuter, raconter nos souvenirs. Hum, je me demande si
je n’aurais pas préféré la première solution. En tout cas, une
rencontre est envisagée avec LaFlorence pour dans quinze jours.
Au programme du jour, les corvées dont il va falloir que je commence à m’acquitter de mes corvées. C’est tout.
03 décembre 2008
1541 : hélas, c'est déjà le temps des cadeaux
C'est à peine croyable mais le temps des cadeaux est déjà là. La preuve, je connais déjà des personnes qui ont achevé la corvée de les acheter. Quand j'y pense, je me demande s'il existe vraiment des gens à qui ça plaît. Bien sûr, me direz-vous, il y a les parents. Rien que pour voir la petite étincelle briller dans les yeux généralement bovins de leurs chiards, ils subissent sans presque de contraintes les épreuves habituelles : choix du cadeau "original", emplettes dans les magasins bondés, j'en passe et des meilleures. Je vous répondrai : et encore ! J'en connais, beaucoup, pas parents indignes pour un sou, que ça gonflent et ce sont eux en général qui se hâtent pour s'acquitter de cette tâche détestable. A cause de leurs rejetons, ils sont organisés et prévoyants. Ils éveillent chez moi, juste à ce moment de l'année, à cet instant précis, un sentiment d'envie. Oui, d'envie. Eux au moins, sont débarrassés.
Quant à moi, je servirai sans doute l'excuse habituelle que je suis fauché pour me soustraire à mes "obligations". Premièrement, je n'ai pas d'idée. Jamais. Je ne sais définitivement pas ce qui fait plaisir aux autres et tant qu'à faire un cadeau, autant qu'il plaise, non ? Non seulement, je ne sais pas mais même si je le savais, il faudrait encore que cela me plaise à moi aussi car il est hors de question d'offrir un truc que je n'apprécierais pas. Ensuite, je ne trouve jamais le temps à gâcher nécessaire pour m'en occuper. Je ne trouve même pas le temps de surfer sur internet pour cela, c'est dire. Et si cela ne suffisait pas, je suis en plus passablement irrité par le tapage commercial autour l'événement.
Et pourtant, tous les ans ou presque, j'arrive à acheter deux ou trois trucs. Ce qui me coûte une dépense d'énergie insensée. Si je suis contre le travail le dimanche, je suis pour le travail le jour de Noël.
1540 : perplexe
Ces temps-ci, depuis longtemps en fait, je suis perplexe. Ou indécis. Au choix car j'ai la flemme de regarder dans le dictionnaire le mot qui qualifierait le mieux l'état d'esprit dans lequel je me trouve. Ce n'est peut-être même aucun de ces deux là. Toujours est-il que je ne sais pas. J'ignore si ce que j'ai me satisfait. J'en ai l'impression mais si c'était vrai est-ce que je me poserais la question ? Je ne sais pas non plus ce que je veux. Dans l'absolu, le champs des possibilités est infini mais si je tiens compte de mon caractère, il est très réduit. Si l'évolution s'était faite à la mesure de mes capacités à dépenser de l'énergie pour accomplir toute volonté de changement, les hommes ne seraient même pas encore des singes. Je n'ai pas un amour inconsidéré pour mon travail. En même temps, je ne me vois pas faire autre chose (même pas pompier, c'est tout dire) J'aime toujours ma situation de perpétuel célibataire mais en même temps, je n'affirmerai pas que les dernières rencontres que j'ai pu faire m'aient laissé dans souvenirs impérissable. Si je me souviens d'un truc c'est l'ennui et surtout l'envie de vite me retrouver célibataire (ce qui arrive au bout d'une nuit donc l'ennui ne dure guère) Actuellement, j'ai opté pour ne plus rencontrer personne mais je me demande si en fin de compte je ne préfèrerais pas rencontrer une femme intéressante (et belle, évidemment) tout en ne sachant pas si l'ennui ne pointerait pas son nez à nouveau, et rapidement encore. Je n'arrive pas à savoir si je dois garder mon journal sur le net ou l'effacer une bonne fois pour toute.
21 octobre 2008
1539 : week-end entre parenthèses
A part vendredi
soir quand je suis sorti avec mes collègues, mon week-end n'a pas
existé, par ma faute. Samedi, j'ai eu la malheureuse idée de vouloir
désinstaller un système d'exploitation gratuit que j'avais installé par
curiosité sur mon ordinateur. Une fois ma curiosité satisfaite "Ainsi,
c'était donc ça" je ne l'avais plus utilisé et il prenait une place sur
ordi dont j'ai grand besoin. Après m'être renseigné sur le net sur la
manière de procéder, peu
pratique et très manuelle, je me suis lancé. Tout s'est correctement
déroulé jusqu'à ce que dans un excès de zèle, je décide de supprimer
une partition appelée quelque chose "extended". Bien mal m'en prit car
après redémarrage, ordi a catégoriquement refusé de démarrer. Je n'ai
pas mis longtemps à comprendre que je venais de faire une de ces
conneries dont je suis coutumier dès qu'il s'agit d'ordi, à savoir
supprimer un ou plusieurs fichiers indispensables au bon fonctionnement
de la bête. Dès lors, ne me restait plus qu'à me lancer dans une
opération de grande envergure et à haut risque que redoute toute
personne non masochiste : formater ordi et réinstaller le système
d'exploitation (que j’appellerai « W »).
Première
étape : tenter de sauver les fichiers qui étaient sur la partition de W
et auxquels je tenais. Peu nombreux heureusement car en général je
m’arrange pour tout sauver sur d’autres partitions que celle où se
situe W. Pour cela, je décide d’installer W sur une autre partition
(celle récupérée en désinstallant l’autre système d’exploitation) La
solution n’est pas mauvaise me semble-t-il car théoriquement je ne dois rien perdre. Je m’exécute.
Tout
se passe bien, jusqu’à ce que j’oublie d’installer un antivirus avant
d’aller sur le net. Je choppe directement le virus blaster, celui qui
fait s’éteindre l’ordinateur au bout de trente secondes. Je connais le
truc, je modifie la date de l’ordi (en reculant d’une année par
exemple) pour avoir le temps de virer l’intrus. Manque de bol, je
n’avais pas encore activé W et celui-ci refuse désormais de se lancer.
Après quelques essais, je laisse tomber. Je formate et réinstalle.
Cette
fois, je n’oublie pas d’installer l’antivirus avant de me connecter.
Tout semble bien se passer et je commence la tâche fastidieuse de
réinstaller un à un tous les programmes les plus indispensables. Au
bout d’une heure ou deux, je m’aperçois que l’antivirus, pour une
raison quelconque est désactivé et que rien de ce que je fais n’arrive
à le relancer. Je débranche le câble du net, tente de réinstaller tous
le programme, en pure perte car impossible. Je change d’antivirus,
l’installe. Bien sûr, il me trouve plusieurs virus, dont un
particulièrement virulent qui s’est installé dans tous les programmes «
.exe » de mon ordinateur. Evidemment,
sans fichiers « .exe » W ne fonctionne pas… Résultat, je suis bon pour
un autre formatage et une autre réinstallation de W.
Avant,
j’arrive par je ne sais plus quel moyen à supprimer tous les fichiers «
.exe » de toutes les partitions. Ensuite formatage, réinstallation…
Cette fois, tout se passe bien. Sauf qu’il est dix-huit heures,
dimanche et je suis debout depuis quatre heures trente du matin. Autant
dire que j’ai plus que l’impression d’avoir perdu mon week-end. J’ai
passé sous silence de nombreux problèmes annexes, qui m’ont obligé à me
creuser la tête pour trouver des solutions.
A
l’heure qu’il est, je suis loin d’avoir tout réinstallé, mais j’avoue
une certaine lassitude et je m’octroie une petite pause. J’ai installé
l’absolument indispensable et je m’occuperai du reste petit à petit.
Lundi,
j’étais assez fatigué d’avoir peu dormi et d’avoir passé mon temps
devant ordi. Bien que n’ayant pas eu le temps de préparer quelque
chose, j’étais prêt et la matinée s’est déroulée tranquillement.
J’avais en tête l’idée d’une sieste et ne me suis pas privé en rentrant
chez moi. Cela m’a occupé une bonne partie de l’après-midi, avec un
réveil pâteux. Soirée en pointillé, pas très longue.
Ce
matin, lever difficile, à la sonnerie du réveil, ce qui ne m’était pas
arrivé depuis longtemps (en général, je suis toujours réveillé avant
que celui-ci ne sonne) La journée promet d’être un peu longue mais
comme elle n’est a priori pas stressante du tout, cela devrait aller.
Ce soir, je dois probablement dîner chez mademoiselle E, sauf si je
suis trop fatigué auquel cas, je décommanderai.
18 octobre 2008
1538 : ménage et perte de temps
Comme
tout un chacun un tant soit peu attentif à la propreté de son lieu
d’habitation, je me transforme régulièrement en fée du logis et vaque à
d’aimables occupations comme le passage de l’aspirateur, la vaisselle
et compagnie. C’est ce que j’ai fait hier matin en consacrant au moins
trois heures à ces saines activités. Puis, dans un élan de courage,
insoupçonnable chez moi pourtant, je me suis rendu dans une grande
surface afin de rétablir un niveau honorable de remplissage dans mon
réfrigérateur et mon bar. Pas Carrouf, car je boycotte depuis que je me
suis rendu compte que les prix pratiqués avaient considérablement
augmentés. Vite fait, bâclé, mais suffisant tout de même pour atteindre
l’objectif fixé.
Après
tout ça, je me suis accordé un peu de farniente, en attendant de
retourner – un vendredi, en fin d’après-midi s’il vous plaît – au
boulot, pour une réunion décriée par tous, hormis son instigatrice,
notre proviseure. Il s’agissait de rencontrer les parents pour leur
expliquer les études de leurs rejetons. Je suis tout à fait d’accord
pour dire qu’il est tout à fait légitime qu’ils soient mis au courant
mais de là à convoquer tout le monde, c’est un peu exagéré. Les
professeurs principaux auraient suffi. Ce qui devait arriver arriva,
une pagaille indescriptible d’enseignants parcourant les couloirs à la
recherche de leurs différentes classes, des parents voyant débarquer et
repartir des profs leur expliquant en quelques mots ce qu’ils
attendaient. Soyons réalistes, nous avons tous les mêmes exigences et
je ne crois pas que de se voir rabâcher dix fois le même discours soit
constructif. En ces temps où on demande à tous d’être plus efficaces et
productifs, cette réunion faisait tâche.
Je
m’y suis donc rendu, j’ai accompagné le professeur principal d’une de
mes classes, et l’ai écouté faire son discours devant une assemblée de
quatre parents… dis deux ou trois mots, demandé aux parents s’ils
avaient des questions et devant leur réponse négative, pris congé pour
me rendre dans la salle de mon autre classe. Aucun parent n’était
présent, j’en ai eu fini avec cette réunion. Le temps de traîner un peu
à discuter et j’étais sorti. Une présence maximale d’une demi-heure
pour une réunion qui devait durer une heure trente. J’ai un peu eu
l’impression de perdre mon temps et d’avoir interrompu mon week-end
pour rien. Enfin, j'ai quand même appris que j'avais été élu au C.A. et
que notre liste avait fait un excellent score en raflant près de
quatre-vingt pour cent des sièges. L'autre liste est laminée et j'en
suis ravi car je n'ai jamais vu un syndicat aussi inutile et des
représentantes aussi nulles.
De
retour à l’appartement, j’ai attendu madame S. et mademoiselle E. Elles
sont arrivées un peu plus tard et nous avons pu boire l’apéritif en
pestant contre les réunions inutiles. Puis la discussion a évolué vers
d’autres sujets, même si le boulot est parfois revenu sur le tapis. Je
crois qu’il est impossible de se voir entre collègues et de ne pas
parler travail du tout. Après tout, c’est lui qui a fait que nous nous
connaissons et donc vouloir l’écarter de nos conversations est tout à
fait illusoire. Ce qui est bien avec madame S. et mademoiselle E. c’est
que nous arrivons aussi à parler d’autres choses, comme le sexe,
souvent.
Après
l’apéritif, nous nous sommes rendus, à pied, au centre ville avec
l’idée de tester un restaurant nouvellement installé. C’est un de ces
endroits à l’allure de bistrot, avec très peu de tables, une bonne
ambiance, une nourriture en général assez bonne, conviviale. Nous
n’avions pas réservé et évidemment, l’endroit était bondé. Nous nous
sommes donc rabattu sur un restaurant voisin, du même type mais
existant depuis longtemps, une valeur sure. Miraculeusement il restait
une table et nous avons pu dîner. Conversation animée et agréable,
bonne cuisine quoiqu’un peu frugale quand j’y repense. Vers vingt-trois
heures nous ressortons. Nous rentrons chez moi. Je les invite à boire
un dernier verre – sans arrière-pensée pour une fois – et elles
acceptent. Elles prennent une tisane tandis que je les suis au rhum, et
nous discutons encore. Vers minuit trente, elles prennent congé.
Avant
de me coucher, je crée un profil mytik pour mademoiselle E. qui est
presque décidée à s’y inscrire et m’a demandé mon aide pour rédiger son
annonce. Je prends donc un peu les devants en me disant que si elle
renonce, il n’y aura qu’à effacer le profil. Je bâcle un peu l’annonce
parce que je n’ai pas trop d’idées mais qu’importe, au bout de cinq
minutes, alors que je n’ai pas mis de photo, elle a déjà un mail, deux
flash et deux demandes de tchat. Comme je ne veux pas répondre à sa
place, je me déconnecte du site. Il ne me reste plus qu’à aller me
coucher.
17 octobre 2008
1537 : une ville, le soir
Même si ce n’est
que partie remise, petite déception hier à la lecture de son mail
m’indiquant qu’elle devait décommander notre rencontre de samedi.
J’espère, sans allusion graveleuse aucune, que c’est reculer pour mieux
sauter. En fait si, c’était une allusion graveleuse ; si ma libido a
déserté mon string, elle est toujours bien présente dans mon esprit et
je m’en voudrais de me priver d’une allusion ou d’un jeu de mots quels
qu’ils soient, à partir du moment où ils comportent une touche
potentiellement salace.
Hier, j’ai encore vécu une journée bien
calme. J’ai bien été terrassé mais par une sieste, pas de quoi fouetter
un chat. Comme à chaque fois, le réveil a été laborieux, avec cette
désagréable sensation de ne pas savoir où je suis et surtout quelle
heure. La période entre le moment où j’ouvre les yeux et celle où,
après avoir regardé le radio – réveil, je réalise que non, ce n’est pas
le matin mais l’après-midi est très perturbante, par manque de repères
sans doute. Même la simple action de me réveiller est une épreuve.
Alors que le matin je m’éveille toujours frais comme un chou, en fin
d’après-midi j’ai l’impression de me débattre dans un baril de mélasse,
ou une assiette de poutine. Désagréable, très désagréable.
Evénement
rare, mon bar était vide. Contrairement à mon réfrigérateur qu’il est
vrai je néglige un peu et est souvent déserté par toute trace de
denrées, je mets un point d’honneur à ce que mon bar soit toujours
pourvu et près à parer toute éventualité de visite impromptue ou non.
Hélas, un trop grand nombre de visites impromptues ou non a décimé ce
dernier et je me suis retrouvé Grosjean comme devant pour recevoir
monsieur F.
Il faut dire qu’en fin d’après-midi, début de soirée
peut-être, j’ai eu le grand plaisir de croiser mademoiselle M., C.A.
pour les intimes, sur le net. Cela faisait une éternité et nous avons
pris le temps d’un apéro virtuel (ah, les apéros virtuels… Quel bonheur
!) Qui dit apéro virtuel, dit apéro. J’ai été obligé de sacrifier
presque tout ce qui me restait, c'est-à-dire presque rien, pour honorer
la tradition et trinquer avec Cuisses d’Acier. Le temps d’échanger les
nouvelles et c’était déjà l’heure de se séparer. J’espère qu’il ne
faudra pas attendre aussi longtemps d’ici le prochain apéro.
J’ai quand même réussi à garder une larme de rhum à offrir à mon visiteur du soir pour sauver mon honneur.
Monsieur
F. est arrivé et je lui ai offert la larme de rhum, mon honneur était
sauf. Nous nous sommes décidés à sortir parce que la larme a vite été
éclusée et qu’il fallait bien songer à trouver une autre source
d’abreuvement. Nous nous sommes rendus au centre ville, désert, de
Troudecul qui n’est décidément pas une ville qui bouge, dans un petit
troquet sympathique par son style et son ambiance. Pas tout à fait
déserté mais pas loin, nous nous sommes installés au comptoir pour un
verre de blanc ou deux. Ni lui ni moi n’étions très en forme et avec
l’aide d’une musique lancinante, nous n’allions pas tarder à sombrer
dans l’apathie, aussi avons-nous changé de crèmerie dans l’espoir vain
de nous requinquer un peu. Nous ne sommes pas allés très loin puisque
le bistrot suivant se trouve à quelques encablures à peine du premier
et du coup, l’air nocturne frais et vivifiant d’octobre n’a pas eu le
temps d’accomplir son effet coup de fouet.
Je fréquente parfois
ce nouveau bistrot (pas nouveau dans le sens neuf mais nouveau dans le
sens que nous venons d’y arriver) sans être un pilier de comptoir.
C’est tout juste si j’y vais une fois ou deux par mois. Pourtant, quand
j’ai commandé un ti punch, le serveur a ajouté de lui-même « sans sucre
». Ouais, je bois le ti punch sans sucre. J’ai été un peu surpris qu’il
s’en souvienne et puis je me suis rappelé qu’en général, quand j’y vais
c’est en compagnie de madame S. et mesdemoiselles N. et E. Ca a dû le
marquer ce grigou. Enfin bref, j’ai eu mon ti punch sans sucre, je l’ai
siroté en matant et commentant sans passion avec monsieur F. les rares
fumelles présentes. Il faut vraiment avoir une pèche d’enfer pour
sortir le jeudi à Troudecul et ne pas s’endormir. Las, nous avons
déclaré officielle la fin de la soirée. Sur le chemin, j’ai imposé un
arrêt bouffe parce que je n’avais pas eu le temps de dîner. Ca tombait
bien, nous passions devant un Kebab miraculeusement encore ouvert à
minuit trente, une heure du matin.
Le vendeur, tout en me
préparant, m’a conté le désagrément qu’il y a à bosser avec des
fumeurs, qui prennent tout le temps des pauses pour s’adonner à leur
vice. Je ne lui ai pas dit que j’étais le seul client, qu’il ne fallait
pas être cinquante pour préparer un kebab et surtout que je n’en avais
rien à battre de son problème. Non, je lui ai dit que la clope était
une drogue et que c’était difficile de ne pas fumer. Il m’a répondu que
lui avait bien réussi à arrêter de mâcher du chewing-gum et que
pourtant, il était gros consommateur. Là, il m’a cloué le bec. Que
voulez-vous répondre à ça ? Bref, j’ai attendu mon kebab, l’ai pris,
l’ai payé en me trompant mais le vendeur s’en est aperçu car c’était à
son désavantage, lui ai remis la bonne somme et me suis cassé. Monsieur
F. m’a raccompagné
J’avais demandé de la harissa. Il m’avait
proposé de la douce ou de la maison. Par mesure de précaution, même si
je mange très épicé d’habitude, j’avais demandé de la douce. J’ai eu la
langue explosée pendant au moins une demi-heure. Comme de bien entendu,
la viande était insipide. Néanmoins, le kebab n’était pas mauvais.
Ensuite, je suis allé me coucher.
16 octobre 2008
1536 : matinal un jour, matinal toujours
Après
une matinée sans histoire, un repas à la cantine où nous nous sommes
retrouvés à deux, le mercredi est définitivement un jour spécial,
retour à l’appartement.
Hier,
j’étais content de m’être levé avant l’aube parce que la fatigue
engendrée par un réveil bien matinal laissait entrevoir une sieste
d’avant répétition facile. Trop occupé que j’étais à glander, je n’ai
pas eu le temps de la faire. Entre le travail et mes errances sur la
toile, les heures et les minutes ont trop vite défilé. Non, rien de
rien, je ne regrette rien, l’après-midi a été riche et notamment grâce
à un dialogue par messagerie qui a viré à la conversation téléphonique
et qui se sont conclus par une promesse de rencontre, dont j’avais
envie depuis longtemps déjà. Je vais enfin voir de visu mademoiselle C.
avec qui j’échange des mails depuis maintenant quelques mois, avec il
est vrai de longues périodes de silence mais que je retrouve toujours
avec plaisir.
J’ai dû
raccrocher pour partir en répétition. Comme je suis le gardien des
clés, il n’aurait pas fallu que je sois en retard. Tout le monde
n’était pas là et malgré tout, nous avons bien travaillé. Nous
accouchons toujours les nouveaux morceaux dans la douleur mais là,
c’est plutôt bien passé. Pour le moment car il faudra voir ce que cela
donne quand le groupe sera réuni. L’objectif étant de les jouer le plus
rapidement possible, le mieux étant dès le prochain concert. Notre bar
était vide aussi la répétition a été sobre et l’ambiance presque
studieuse. C’est sûr que de répéter en milieu de semaine aide à ne pas
faire trop d’excès et à rester raisonnable. Non seulement nous avons
respecté notre foie mais en plus nous ne nous sommes pas attardés et
j’ai pu rentrer avant que mon carrosse ne se transforme en citrouille.
Aussitôt
couché, j’ai repris le livre en cours. A une heure du matin, content de
ne pas avoir à me lever avant huit heures, j’éteignais les feux.
Manque
de pot, je me suis réveillé à cinq heures trente, en pleine forme. J’ai
bien essayé de me rendormir, pendant près d’une demi-heure, sans
succès. Rien à faire, je suis du matin. Aussi à six heures me suis-je
levé, content quand même, car disposant de plein de temps pour écrire.
Au
programme du jour, mes dernières heures de cours, jusqu’à midi et
ensuite après-midi libre de toute obligation. Ce soir, monsieur F.
vient me rendre visite pour me débaucher. En fait, je crois qu’il a
bien envie de faire la fête et je crains que la soirée ne s’étire tard
dans la nuit et que toute idée de respect envers notre foie soit de
l’histoire ancienne.
Demain
soir, après la corvée annuelle que constitue la réunion parents –
professeurs, je dois sortir avec madame S., mesdemoiselles E. et N. et
peut-être d’autres au restaurant pour finir la soirée je ne sais où,
peut-être les amener danser. Le programme n’est pas encore bien défini.
Samedi, comme je l’écrivais plus haut, je dois rencontrer mademoiselle C.
Dimanche,
je me reposerai sûrement, histoire d’attaquer la dernière semaine avant
les vacances en de bonnes conditions. Heureusement, je crois qu’aucune
réunion n’est prévue.
15 octobre 2008
1535 : les quinze derniers jours
D’habitude,
quand arrivent les quinze derniers jours d’un demi-trimestre, la
semaine de travail devient difficile, durement ressentie de part et
d’autres. Cette fois, j’ai l’impression qu’il n’y a que moi de fatigué
car il ne m’a pas semblé que mes élèves n’étaient pas en forme. Pas de
tension dans l’air, pas de frictions, le calme plat, et du coup je n’ai
que ma fatigue à traîner comme un boulet. Tout ça pour dire que la
journée d’hier m’a paru un peu longue, je le sais pour avoir
fréquemment consulté l’horloge murale, désespérant de ses aiguilles qui
ne tournaient pas assez vite à mon goût. Paradoxalement, j’ai été pas
mal occupé toute la journée, me tapant partout le matin à tenter de
répondre aux multiples demandes simultanées d’élèves ne comprenant pas
que la nature m’avait lésé dès ma naissance ; je ne possède pas le don
d’ubiquité. Quant à l’après-midi, même si j’ai eu affaire à une classe
beaucoup plus autonome, je n’ai pas réussi à beaucoup avancer dans
diverses commandes, heureusement pas trop urgentes.
En
fin de journée, j’étais lessivé et donc passablement heureux que
mademoiselle E. repousse la soirée prévue à vendredi. J’ai pu rentrer
chez moi et m’avachir devant Ordi. Depuis que mademoiselle F. m’a
appris que certaines chaînes retransmettaient sur internet leurs
émissions, je suis un adepte de ce mode de visionnage qui permet de ne
plus être tributaire d’horaires qui souvent ne me convenaient pas.
C’est ainsi que j’aie pu découvrir une série, « les Bougons » qui m’a
bien plu. J’ai donc regardé les deux épisodes disponibles et la soirée
a été pliée. Direction mon lit. A défaut d’avoir une femme pour le
partager, j’ai pris « Women » entre les mains pour lire quelques pages.
J’aime beaucoup la personnalité et la manière de vivre du personnage et
donc de Bukowski,
puisque le roman est autobiographique. Grâce à sa plume, il arrive à
rendre noble l’alcoolisme, les cuites incessantes et la gerbe au petit
matin. J’ai beau apprécier la lecture, je ne tiens pas longtemps avant
de sombrer.
Levé à
quatre heures trente, je me suis dit « chouette, je vais avoir le temps
d’écrire ». Oui, moi je dis encore « chouette ». Le mot est un peu
désuet sans doute mais c’est celui qui m’est venu à l’esprit et je n’ai
pas cherché à le remplacer ici par un mot plus à la mode. En fait
j’aurais bien aimé mais je n’en ai pas trouvé. Non seulement, j’ai le
temps d’écrire ce matin mais en plus, puisque je suis debout très tôt,
je serai suffisamment fatigué cet après-midi pour envisager une sieste
qui me permettra d’être en forme ce soir pour la répétition.
Dans
un autre registre, je me suis aperçu hier que lors de la soirée de
vendredi, j’avais croisé sans la reconnaître une femme avec laquelle
j’avais eu une aventure d’un soir il y a environ deux ans. Je n’ai
certes pas la mémoire des visages mais quand même, j’aurais cru que
j’aurais été capable de la reconnaître. Même si notre rencontre s’était
décidée sur un coup de tête, après une heure au plus de dialogue
virtuel, même si nous n’avions pas passé plus de temps à discuter en
face à face, le fait que nous ayons forniqué me laissait à penser que
je me souviendrai d’elle. Eh bien pas du tout. Elle faisait partie de
l’organisation, j’ai bien dû la croiser cent fois au cours de la
soirée, pas un instant je ne me suis imaginé que je la connaissais déjà
et intimement en plus. Je n’ai découvert qu’elle était présente que
grâce à une intervention dans un forum qui relatait l’évènement où son
pseudo – dont je me souvenais – apparaissait. J’espère qu’elle ne
m’aura pas reconnu elle non plus, sinon j’ai dû passer pour un butor,
pour l’avoir ignorée. D’accord, c’est bien ce que je suis puisque je ne
me souvenais pas d’elle, mais du moins était-ce involontaire. Hum, je
ne sais pas si l’excuse est bien valable.




