01 mai 2008
1516 : l'appel de la campagne
Le nombre de mazagrans que je possède ayant dramatiquement diminué suite à des maladresses de ma part, j’ai prévu aujourd’hui de renouveler mon stock. Avec Fanny, nous devons aller nous promener dans ce village de potiers que j’adore et j’en profiterai pour faire l’achat d’un nouveau stock.
La dernière fois que j’y suis allé, c’était déjà en bonne compagnie (en août 2004) et j’avais passé une excellente journée. Je me rappelle que dans mon journal, j’avais passé sous silence le fait que j’étais accompagné, par souci de discrétion. Souvenirs, souvenirs…
Je n’arrive pas à me faire que je ne suis pas en week-end et que demain je travaille. Je sens bien que je vais avoir beaucoup de mal pour être motivé.
Hier, j’ai passé une de ces journées que j’affectionne, à ne
rien faire du tout. Je me suis juste fait violence pour combler le vide sidéral
de mon réfrigérateur en allant faire quelques courses. J’ai décliné une
invitation pour un apéro dînatoire car je n’avais pas envie de sortir. J’ai
attentivement suivi la séance de questions à l’assemblée nationale, puis l’examen
de la loi sur la mobilité des fonctionnaires au sénat. Une honte que cette loi,
qui met à mal le statut de fonctionnaire, le ramenant largement au-dessous de
ce qui se fait dans le privé. La porte à tous les excès, tous les abus, a été
joyeusement ouverte et la précarité une nouvelle fois avantagée. Je ne sais pas
dans quel mur on fonce mais il est sûr que le choc sera rude. « Plus que »
quatre ans de ce régime, on tient le bon bout…
30 avril 2008
1515 : Marignan - Entrée agenda
Entrée agenda.
Mardi 29 : journée de cours tranquille. Le soir, au téléphone avec Fanny. Nous prévoyons une sortie pour jeudi. Elle avait avancé l'idée d'un pique-nique mais je ne pense pas que le temps le permette.
Lundi 28 : déplacement professionnel à T. Départ très matinal, retour tardif. Entre les deux, du travail. Après, une somme colossale de travail à faire pour dans pas longtemps.
Jeudi 10 : je ne me rappelle plus. Sans doute repos.
Mercredi 9 : aucun souvenir. Ah si ! Je discute avec Cléo et convenons d’une rencontre pour la semaine suivante.
1514 : entrée rare
Certains n'arrivent à écrire que lorsqu'ils ne sont pas heureux. Pas moi. Pour écrire j'ai besoin, en général, d'avoir le moral au beau fixe ce que, heureusement, j'ai souvent. Les mots viennent plus facilement et en outre, j'ai moins l'impression de me dévoiler. J'ai plus de peine à coucher sur l'écran ce qui peut me peiner. Je n'irai pas à dire que je garde jalousement mes chagrins pour moi mais presque. Ainsi ces dernières semaines, n'ai-je pas eu trop le coeur à écrire car une vie s'en est allée. Même si la mort n'est jamais que la conclusion de toute vie, même si celle-ci n'était ni injuste ni prématurée, elle amène toujours son lot de tristesse. Les souvenirs reviennent en surface. Et la roue continue à tourner.
08 avril 2008
1513 : la fin d'une amitié peut-être
La chaudière est réparée, mon appartement a enfin retrouvé une température décente.
Hier soir, j'attendais un coup de fil de Fanny et j'ai été un peu surpris qu'elle n'ait pas téléphoné. Je commence à me poser la question de savoir si elle n'aurait pas trouvé un mec. En fait, je nourris quelques soupçons depuis déjà quelques mois. Si ce n'est une petite pointe de jalousie, cela ne me dérange pas. Je sais que de toute manière elle veut épargner ma sensibilité, ne pas me blesser, et que donc elle ne m'en parlera pas volontiers. C'est de ma faute car je lui avais dit que oui, cela me ferait quelque chose si elle trouvait quelqu'un. Je ne lui ai dit que la vérité d'ailleurs car oui, cela me fera quelque chose et ce, même s'il est parfaitement clair dans mon esprit que nous sommes amis et que cela n'ira jamais plus loin.
En y réfléchissant un peu, je me dis que c'est une réaction parfaitement humaine. Le fait est qu'elle est femme et que je suis homme et que cela dérange un peu le schéma habituel de l'amitié qui veut qu'en général, nos amis sont du même sexe que nous. On peut même discuter de la plausibilité d'une amitié homme femme sans s'assurer de l'accord de tous. Donc disais-je, pour y avoir réfléchi, je suis tombé d'accord avec moi-même pour dire que cette pointe de jalousie n'est pas présente parce qu'elle est femme mais parce qu'elle est mon amie. Je n'éprouverais pas autre chose s'il s'agissait d'un homme. Nous avons beau vouloir tout le bonheur du monde à nos amis, notre égoïsme ne s'en laissera pas compter pour autant et nous fera toujours comprendre qu'il voit d'un mauvais oeil le fait de partager.
C'est encore un peu plus compliqué quand il s'agit d'une amitié entre sexe opposé car il faut tenir compte du partenaire de l'autre et celui-ci ou celle-ci acceptera rarement de bon gré que l'amitié perdure. Comprenons-le, qui dit amitié dit complicité, intimité intellectuelle, entente, qui ne manqueront pas d'instiller la maladie du doute. Avec Fanny, nous étions tombés totalement d'accord pour dire que si l'un d'entre nous, ou les deux, trouvait quelqu'un, notre amitié en pâtirait. C'est d'ailleurs ce qui, je crois, a refroidi ma libido pour quelques mois (je ne sais plus si j'ai parlé de ma fin d'année 2007 "no sex") Puis, la nature reprend ses droits et la nature est plus forte que toutes les amitiés, si fortes soient-elles.
Il faudra vraiment que je tire cette affaire au clair. Ne pas savoir, c'est encore pire que de savoir.
07 avril 2008
1512 : en avril, ne te découvre pas d'un fil
Le conseil est bon, d'autant plus que depuis vendredi et pour la troisième fois en deux mois, ma chaudière est en panne. Je n'ai plus de chauffage, plus d'eau chaude. C'est-à-dire que je me caille et pas qu'un peu. Nous oublions trop facilement le confort de la vie moderne, cette panne est là pour me remettre en mémoire combien nous avons de la chance. Se laver à l'eau froide, presque glacée, est désagréable au possible, surtout quand mon crâne m'a donné l'impression qu'il éclatait quand j'ai voulu - et réussi tant bien que mal - à me laver les cheveux. J'ai retrouvé le plaisir des anciens à me vêtir de plusieurs épaisseurs de vêtements pour conjurer le froid. Ce n'est pas vraiment un plaisir, c'est surtout peu pratique. Regarder la neige tomber, comme je le faisais hier soir, est un régal normalement. Avec le froid, ce n'en est plus un. Et de rêver et d'appeler de mes voeux la chaleur d'un été caniculaire. Heureusement, ce désagrément devrait prendre fin avec la matinée. Louons le progrès, le trou dans la couche d'ozone, l'effet de serre, la pollution, qui nous donne chaleur et réconfort.
05 avril 2008
1511 : Triolisme or not triolisme, that is...
Je recevais hier soir Cléo et son amie Jennifer avec l'espoir fou que la soirée tourne à la partie à trois. Bien que l'idée d'une telle issue fût séduisante, j'étais conscient que les chances pour qu'elle se terminât ainsi étaient ténues, quasi inexistantes.
Nous avons passé un moment fort agréable. Le repas, pris dans le salon à la requête de Cléo qui, décidément, s'est prise d'affection pour cette pièce, puisque c'était la deuxième fois qu'elle me le demandait - je la lui ai volontiers accordé, les deux fois - s'est avéré être très réussi et je ne peux m'empêcher de féliciter le cuisinier : merci moi. La conversation à bâtons rompus a une nouvelle fois beaucoup tourné autour du sexe, la présence de Jennifer qui n'était pas là la dernière fois, ne jetant aucun voile de pudeur, bien au contraire. Je dois cependant avouer que pas une seule fois, nous n'avons abordé le thème du triolisme et avec du recul, je m'en veux un peu de ne pas les y avoir menées.
Nonobstant, il a été question un temps que les belles dorment chez moi mais essentiellement pour des raisons pratiques, le retour obligeant l'une d'elle à rester très sage et ne pas boire plus d'un verre ou deux. Cléo était franchement pour. Jennifer n'aurait pas été contre si elle n'avait pas à se lever tôt le lendemain pour partir en vacances. La perspective du trio s'éloignait mais j'avais bon espoir que Cléo décide de rester malgré tout.
Je ne sais pas à quel moment j'ai perdu la main. Sans doute n'ai-je pas assez insisté en lui disant que je pouvais la ramener le lendemain matin. Peut-être n'a-t-elle même pas entendu du tout que je lui disais ou peut-être a-t-elle tout simplement oublié que je lui avais dit. Toujours est-il qu'elles sont reparties ensemble, à une heure tardive, et je me suis retrouver Grosjean comme devant avec néanmoins la promesse que la prochaine fois, elles dormiraient à la maison.
En admettant qu'elles ne disaient pas cela pour rire, cela signifie qu'elles comptent bien revenir. De leur propre initiative car je n'ai pas eu à le leur demander, elles m'ont fait cette proposition spontanément. Ensuite, elles m'ont promis qu'elles viendraient vêtues de leurs seuls sous-vêtements sous un manteau. Là, je pense que c'était pour rire. Bien qu'elles m'ont toutes deux affirmé qu'elles en étaient capables. Je n'ai pu que les mettre au défi de le faire. Défi relevé.
Bien qu'il ne fût question de sexe que théoriquement, je n'ai absolument pas été déçu. Je ne nie pas avoir ressenti une toute petite frustration due à l'occasion manquée mais étant donnée l'heure, je n'ai pas été frustré bien longtemps, je me suis rapidement endormi.
Maintenant, je me demande de quelle manière peut bien évoluer ce genre de relation...
02 avril 2008
1510 : rabbit's affair
Cléo est venue. Rien de sexuel ne s'est passé mais c'était prévu puisqu'elle venait avec son bébé. Je sais bien que ce n'est pas une raison indiscutable mais tout de même, la présence d'un tiers très mineur de surcroît n'incite pas à la bagatelle. De plus, il manquait la magie de la nuit ou le côté pratique des cinq à sept. Je n'ai rien contre le sexe à midi, je dis juste que pour une première fois avec quelqu'un ce n'est pas obligatoirement l'heure rêvée. Bref, de sexe il n'était pas question, sauf dans notre conversation. Pour une fois, ce n'est pas moi qui ai mis le sujet sur le tapis. Non. C'est elle et je dois dire que nous en avons fait un tour assez large, en nous attardant parfois sur des détails extrêmement précis. Inutile de dire que j'ai trouvé la conversation agréable.
Trois heures de bavardage intensif avant qu'elle ne prenne congé sur la promesse d'un rendez-vous dont je ne sais ce qu'il cache. Car la belle m'a demandé si elle pouvait venir avec son amie avec qui elle avait tout d'abord prévu de passer la soirée. Cette amie en question n’est pas tout à fait une inconnue pour moi. Par le plus grand des hasards, il se trouve que j’avais conversé avec elle sur mythique. Cléo l’a découvert quand celle-ci lui a parlé de moi (hé hé) Par recoupement, elles en étaient venues à conclure qu’elles me connaissaient (superficiellement) toutes les deux. Au moment où elles en sont venues à faire ce constat, était l’amie de Cléo, appelons-là Jennifer, venait d’offrir un sextoy à cette dernière. J’aime bien penser que ce qui me raccorde à elles est un objet sexuel. Je trouve que c’est de bon augure pour la soirée prochaine. En espérant que Jennifer acceptera l’invitation.
Autant dire que mon imagination bat son plein, que mon usine à fantasmes est en branle et produit à plein régime. Le fantasme de l’homme par excellence, le trio. J’ai déjà mentionné, je crois, que si c’était bien un fantasme pour moi, la réalisation me posait problème dans la mesure où une femme, c’est déjà beaucoup, alors deux… Mais qu’importe ! Je sais bien que la chance que la soirée tourne à la partie à trois est infime. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que cela ne m’angoisse pas du tout et que mon imagination vogue à loisir sur les mers chaudes des rêves éveillés.
Ne cédons pas pour autant à l’amateurisme. Il est grand temps de solliciter vos conseils en matière de trio – de préférence un homme plus deux femmes – histoire de posséder quelques ficelles et être prêt au cas où. Etre prêt peut-être pas, mais au moins éviter les écueils vers lesquels une méconnaissance totale de la chose pourrait me pousser.
31 mars 2008
1509 : dernier rebondissement dans l'affaire du lapin
Sur le pouce car je l'attends. Cléo a laissé un message sur mon portable, s'excusant pour son lapin de jeudi dernier. Ainsi que je le pensais, elle a d'énormes soucis personnels. Je me disais bien qu'une femme aussi bien éduquée n'aurait pu me laisser en plan sans explications. Elle n'avait pas le profil du lâche.
Ne l'ayant pas eu directement, je n'ai pu lui parler mais normalement, elle doit passer chez moi d'un instant à l'autre. Pas de folies corporelles en prévision puisqu'elle vient accompagnée de son bébé.
Cela me fait plaisir de la voir et je suis content de ne pas m'être trompé sur son compte.


